Une aire de carénage mobile, une solution à l'absence de mobilité des bateaux de plaisance

Dans une étude sur les pratiques de carénage portée par le Pays du Trégor-Goëlo (1), 44% des plaisanciers carénaient chez eux ou sur l’estran. Pour 50% de ces personnes la création d’une aire de carénage plus proche ou des coûts moindre pourraient les faire changer d’avis en faveur d’un carénage propre.

Le problème des aires de carénage fixes sont multiples. Premièrement leur coût qui peut varier entre 300 000 et 3 000 000 € en moyenne selon la taille de l’aire et les études à mener en amont. Deuxièmement cela nécessite du foncier qui n’est pas toujours disponible sur une frange littorale pressurisée et soumise à la « loi littoral ». Et finalement la maintenance des systèmes de filtration est plus ou moins aisée selon l’accessibilité des aires.

Face à cela l’idée d’une aire de carénage mobile est née et a pris forme sous la marque Carenecolo qui propose plusieurs modèles à ce jour. L’avantage est bien sûr la mobilité qui permet à l’aire de se déplacer (remorque) dans les ports, les chantiers navals ou autres structures désirant caréner. Ce système, environ 10 fois moins cher qu’une aire classique, peut être mutualisé entre plusieurs structures afin de réduire encore le coût de l’investissement. Elles nécessitent une pente de 3% seulement afin de permettre l’écoulement des fluides sur la bâche jusque dans les pompes de récupération.

Le système de filtration permet un rejet dans le milieu sans impact et les filtres doivent être changés tous les 50 carénages. Ils ne pourront continuer à fonctionner s’ils sont saturés, un gage supplémentaire de qualité des rejets.

Ces aires mobiles viennent donc en complément des aires de carénage classiques qui, bien de plus en plus présentes sur nos territoires, restent insuffisantes et poussent certains plaisanciers à pratiquer du carénage sauvage.

Carenecolo semble donc une bonne option pour les structures maritimes ne pouvant pas s’offrir une aire fixe, la commercialisation de ces aires mobiles va maintenant prouver, ou non, son efficacité sur le terrain. Bien évidemment la solution technique ne sera pas suffisante, une sensibilisation des plaisanciers reste nécessaire pour les amener à ces nouvelles pratiques moins impactantes.

(1)"Organisation d'un schéma de carénage", Pays du Trégor-Goëlo, Mael Desgranges, chargé de mission GIZC, 2015 ; www.paystregorgoelo.com/programmes.php?uid_prog_choix=36

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